Avant France-Irak à Philadelphie, les Lions de Mésopotamie abordent le match sans pression après 40 ans d’absence, pendant que des orages menacent la rencontre.
Par Alexis Duvrain · 21 juin 2026 à 09:19 · 2 min
À Philadelphie, les Bleus retrouvent un adversaire qu’ils n’avaient plus croisé depuis 1986, et dont le simple fait d’être là relève déjà de l’exploit. L’Irak a décroché sa qualification en battant la Bolivie (2-1) en barrage intercontinental, au terme d’un parcours de cinq tours de qualifications marqué par des turbulences géopolitiques majeures, notamment la fermeture de l’espace aérien irakien lors du conflit américano-iranien de février, qui avait contraint la délégation à transiter par Amman puis Lisbonne pour rejoindre Monterrey.
Donnons tout et choquons le monde, comme j’aime le dire
Le sélectionneur australien Graham Arnold a planté le décor dans un entretien au Parisien en avril dernier : « On n’aura aucune pression. Alors donnons tout et choquons le monde, comme j’aime le dire. » Celui qui avait dirigé l’Australie lors de la défaite 1-4 face à la France en 2022 connaît bien les Bleus, et assume une posture de challenger total. Son équipe a d’ailleurs montré des dispositions encourageantes lors du match d’ouverture, malgré une défaite 4-1 face à la Norvège.
La dimension humaine et historique de cette qualification dépasse le cadre sportif. Hussein Messaouidi, reporter sportif irakien interrogé par Paris Match, résumait l’ampleur de l’événement : « Le plus beau jour de ma vie, c’est quand Saddam Hussein est tombé. Et le deuxième, c’est quand on s’est qualifiés. » Pour les 46 millions d’Irakiens, ce retour au Mondial représente bien plus qu’un résultat : l’ancien président de la Fédération Adnan Dirjal l’a lui-même formulé, soulignant que « le football contribue à transformer la réalité » dans un pays longtemps fracturé par les conflits.
À ce contexte émotionnel fort s’ajoute une incertitude météorologique. CBS News Philadelphia prévoit 33 degrés, de la pluie et des orages sur la ville lundi soir. Or le protocole américain est strict : tout éclair signalé à moins de 13 kilomètres du stade entraîne une suspension de la rencontre d’au moins trente minutes. L’entraînement des Bleus avait déjà été brièvement interrompu vendredi pour la même raison. Lors de la Coupe du monde des clubs en 2025, le huitième de finale Chelsea-Benfica avait ainsi duré 4h38 en raison de multiples interruptions. Les Bleus, qui restent sur une victoire en ouverture, devront gérer cette inconnue en plus d’un adversaire qui n’a décidément rien à perdre.
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